dimanche 14 juin 2026

Repenser la place des apprentissages ?

















 

mercredi, 10 juin 2026
par éducation-programme

Repenser la place des apprentissages ?

Les écoles d’art françaises accueillent majoritairement des étudiants issus de classes moyennes et supérieures, elles sont aujourd'hui composées à 60 % de jeunes filles.

L’intégration après 1968 des écoles d’art dans le système de l’enseignement supérieur a transformé leur statut et leurs pratiques, cette intégration a soulevé la question du formalisme et de la légitimité académique de ces établissements.
Les écoles d’art sont traversées depuis par plusieurs contradictions qui sont au cœur de la sociologie de l’enseignement artistique en France :
Autonomie contre cadre scolaire : l’étudiant, considéré comme un artiste, doit être libre et autonome tout en demeurant scolarisé ?
Création contre évaluation : comment évaluer une pratique artistique à l'heure du tout contemporain ?
Liberté contre professionnalisation : les écoles valorisent la singularité et l'originalité, mais les débouchés sont des plus précaires et quasi inexistants.
Personnalité contre pédagogie : l’idéologie mythique du don rend difficile toute formalisation pédagogique.

Le débat renvoie à une tension ancienne, déjà relevée dans l’histoire de l’enseignement du dessin dès la fin du XIXe siècle, entre instruction et éducation, entre technique et expression. Le dessin a longtemps été vu soit comme un outil technique (géométrie, architecture, industrie), soit comme un vecteur d’expression humaniste. Cette tension structure encore aujourd’hui les politiques artistiques, souvent traversées de contradictions entre démocratisation, culture légitime, pratiques réelles et temporalités.

Dans un contexte où les écoles françaises ont marginalisé la technique au profit du discours, l’obligation du savoir dessiner corrigerait au moins ce biais officiel. Cependant il convient de respecter la diversité des trajectoires et ne pas imposer autoritairement l’apprentissage académique mais plutôt de faire comprendre son utilité, en créant même des parcours exigeants pour ceux qui le souhaitent.
Dans le cadre d'une école qui, par définition a comme principe de transmettre des savoirs, maintenir une hiérarchie implicite où la maîtrise technique est vue comme non contemporaine n'a aucun sens. Actuellement et comme le prétend la rumeur publique, les études aux Beaux-Arts ne mènent à rien, ce qui, hélas, correspond à un constat factuel.
Par l'apprentissage des règles académiques tous les étudiants auraient l'avantage de posséder un bagage technique, évitant les inégalités sociales ou de formations antérieures. Savoir dessiner d’après modèle, comprendre la lumière, l’anatomie, la perspective, reste un outil puissant pour toutes les pratiques, y compris conceptuelles. La question ne serait pas tant d'imposer que de garantir l’accès de maîtrises transmissibles avec un tronc commun solide d'outils, à savoir : l'anatomie, le volume et la lumière, la perspective, l'observation.

Dans de nombreuses écoles d’art françaises, on a vu émerger une suspicion envers la virtuosité technique, une valorisation de la rhétorique plutôt que de l’œuvre, une injonction à l’expérimentation permanente avec la méfiance envers les médiums traditionnels. Un étudiant qui voulait peindre devait presque se justifier. La peinture devenait un choix non contemporain, sauf si elle était accompagnée d’un discours conceptuel.
En ayant laissé croire à leurs étudiants-artistes, durant leurs cinq années finalement de non apprentissage, qu'ils trouveraient quand même une place dans la société correspondante à leur souhait, les écoles et leurs enseignants portent une énorme part de responsabilité.
Depuis plusieurs années on observe un nouvel intérêt pour l'image. Cependant les institutions publiques restent suspicieuses et toujours fermées, elles craignent de revenir en arrière, de perdre leur rôle d’avant-garde en validant des vues soi-disant réductrices. Dans l'immédiat, les écoles d'art ne semblent donc pas encore prêtes à renouveler programmes et corps enseignants.

Comment les écoles pourraient-elles réintégrer la peinture ?

En modifiant trois choses : les critères de légitimité, les modes de sélection, et leurs structures.
C’est avant tout une question de volonté politique et, plus spécifiquement pour les Beaux-Arts de Paris, un grave problème touchant ses directions successives.
La figuration et la peinture ne reviendront pas tant qu’on ne changera pas les mécanismes qui produisent la légitimité artistique. Si on change ces mécanismes, elles reviendront naturellement, non comme un retour nostalgique, mais comme la pluralité retrouvée.

1. Réformer les écoles d’art.
Elles représentent le cœur du système et produisent les futurs acteurs. Aujourd’hui, elles fonctionnent comme des espaces fermés, anti-techniques. Comme des endroits où la peinture figurative est souvent perçue comme naïve, réactionnaire ou commerciale. Réformes possibles : réintroduire des ateliers de savoir-faire, la pluralité des jurys et recruter des enseignants sachant vraiment dessiner. Intégrer des historiens d'art dans les comités pédagogiques. Si les écoles changent, tout change.

2. Changer les critères de légitimité.
Jusqu'à présent les écoles valorisent surtout la rupture et le concept. Pour réintégrer la peinture, il faut élargir les critères. Rétablir la maîtrise technique actuellement écartée des jurys. Reconsidérer la fonction narrative et la relation au public, sans tomber pour autant dans le populisme.

3. Réformer les commissions d’acquisition.
C’est par le biais des FRAC, CNAP, musées, que la rupture s’est officialisée. Les commissions sont composées des mêmes responsables et critiques. Solutions : diversité et rotation élargie des membres, incluant des représentants du public, avec transparence totale des débats et des choix.

Avec l'abandon depuis les années 1970 du dessin et de toute technique approfondie, la formation artistique française a basculé vers la primauté du concept et la déconsidération des médiums traditionnels. A cause de cela les écoles ont véhiculé quasi uniquement des idées chargées d'illusion et d’utopie.

La peinture se trouve marginalisée car elle repose sur un savoir-faire qui ne correspond pas à l'archétype du tout contemporain voulu. Par orientation pédagogique et par mimétisme les enseignants ont réduit ou supprimé les cours techniques, qu'ils ont compensé par des séminaires valorisant la démarche conceptuelle. Les étudiants sont encouragés à problématiser, pas à peindre. Celui qui veut quand même pratiquer la discipline doit se former seul et à contre-courant de l’institution.
Les écoles d’art sont en continuité directe avec les centres d’art et les FRAC et elles forment leurs élèves pour répondre aux attentes de ces organismes. Donc, si ces derniers valorisent l’installation, la performance, la vidéo, alors les écoles forment des installateurs, performeurs ou vidéastes et la peinture devient dans ces conditions un médium inapproprié. La dévalorisation résulte d’un effet de boucle : les institutions valorisent ce que les écoles produisent, et les écoles produisent ce que les institutions valorisent.
La culture picturale disparaît ainsi: sans pédagogie ni progression méthodique, sans transmission des maîtrises ni aucune confrontation avec l’histoire. Elle devient un choix individuel sans enseignant qualifié, presque un acte de résistance et une matière non enseignée devient une affaire mineure.
La formation française a fini par hériter d’un anti-académisme devenu systémique. Le paradoxe est cruel, les écoles d’art ont voulu rompre avec l'ancien régime des Beaux-Arts mais elles n'ont fait que créer un nouvel académisme où, pour être reconnu, on peut même produire un art sans art.

Rien n'est cependant définitif.

En effet, la plupart des jeunes entrants refusent désormais le dogme du tout conceptuel et deviennent demandeurs de formations plus classiques, ils veulent apprendre à peindre et à dessiner, les écoles commencent alors timidement à réintégrer des ateliers de pratique.
On observe un retour de la narration, un intérêt pour les mythes, les symboles. Ce n’est pas un retour en arrière mais une demande de sens, de forme, d’émotion, de lisibilité. Sans confondre idéologie et médium, le savoir-faire dévalorisé jusqu'alors commence à retrouver la place qu'il mérite. L'intention n’est plus de rester en marge de la société mais bien celle d’occuper une situation cohérente et en adéquation avec les besoins. D’ailleurs la peinture n’est pas forcément conservatrice et peut être politique, subversive, introspective et, pourquoi pas, commerciale et belle.

Le modèle accompli serait un système avec des jurys pluralistes, des écoles diversifiées, une sélection définie clairement, où la figuration n’est ni dominante ni marginalisée.
Pendant des siècles, la conformité artistique a reposé sur la maîtrise professionnelle, la singularité stylistique, la matérialité de l’œuvre et la continuité dans une certaine tradition.
Mais dès les années 1920, les écoles des Beaux-Arts se sont tournées graduellement vers un standard les éloignant du classicisme. Dès lors la convention, en quelque sorte artisanale et historique, devient structurellement archaïque. Elle ne critique et n'innove pas assez.

La France, plus que d’autres pays, a donc officialisé un principe où la légitimité se définit en opposition à la tradition académique, à la virtuosité technique, à la séduction visuelle. Dans ce schéma, la peinture paraît immédiatement équivoque car elle plaît trop facilement et s’inscrit trop dans les habitudes. Donc, la valoriser reviendrait pour l'art dit contemporain à perdre sa position privilégiée.

L’art contemporain s’est construit sur la rupture et la déconstruction. Mais aujourd’hui la subversion et la transgression se sont institutionnalisées et la critique les a intégrées. Trop d’œuvres reposent sur des protocoles interchangeables. Cette forme d’art est devenue un système : écoles - centres d’art - FRAC - musées, avec langage codé et prévisible.

Les Beaux-Arts en France ne sont ni des centres de formation professionnelle, ni des laboratoires de recherche ou de découverte artistique. Dès lors, deux options cohérentes se présentent.
- Soit la France engage la refondation radicale de ses écoles d’art, déjà en réduisant leur nombre, ensuite en clarifiant leurs missions et en garantissant apprentissages et savoir-faire exigeants.
- Soit leur suppression progressive devient une hypothèse complètement légitime en ces temps de budget contraint.
Continuer à financer un système qui produit structurellement de la précarité, tout en invoquant la liberté artistique comme justificatif moral, relève moins de la défense de la culture que d’un aveuglement institutionnel.

dimanche 24 mai 2026

Une exposition virtuelle

Depuis une cinquantaine d'années en France, l'art dit contemporain est devenu la tendance officielle prônée par un État qui écarte notamment et remarquablement la peinture figurative. Selon l'expression laconique cette orientation peut se résumer à montrer "un art sans art ", une idée, comme souvent, qui vient directement des États-Unis.
Sans doute comme tant d'autres, insubordonné autant que désabusé, l'auteur a cessé la pratique de la peinture depuis plus de vingt ans. Par nécessité, et après un contrat de peintre professionnel au milieu des années 1970, il enseignera à partir de 1980 les arts appliqués dans un lycée professionnel.




1976, contrat Wajntrob - 2009, avec les élèves du lycée professionnel

L'exposition suivante n'existe que virtuellement et sur d'improbables cimaises. Les tableaux représentés sont des originaux exécutés traditionnellement à l'huile, sur toiles fixées sur châssis, allant des formats 5 F à 130 X 160 cm. Ces peintures ont été réalisées entre 1972 et 2002, celles-ci sont encadrées fictivement et situées dans un espace plus ou moins artificiel généré par informatique.
Il s'agit ici d'un éloge de l'image peinte, d'une forme désormais assumée pour la représentation figurative et le savoir-faire. De la Renaissance au XXe siècle, du Salon à l'art moderne, la peinture n'a jamais été figée et toute son histoire prouve aussi bien sa portée sociale, que l'altérité dans ses interprétations.

Alors, pourquoi la peinture est-elle ainsi marginalisée dans les discours institutionnels et pourquoi revient-elle aujourd’hui ?

La marginalisation de la peinture ne vient pas d’un seul facteur, mais d’un enchevêtrement de transformations idéologiques, sociologiques et institutionnelles qui se cristallisent surtout entre les années 1960 et 2000.
Les institutions ont privilégié des récits théoriques et conceptuels qui valorisaient les œuvres comme idées, processus, dispositifs, plutôt que comme objets techniques et sensibles, ce que la peinture incarne par excellence.
À partir des années 1960, les institutions, musées, écoles, centres d’art, adoptent un récit où l’art doit être critique, dématérialisé et discursif. Ce postulat, hérité des avant-gardes, fait de la peinture un médium soupçonné de conservatisme, elle devient alors un héritage à critiquer, non un moyen à promouvoir.

La marginalisation de la peinture dans les écoles d’art françaises demeure l’un des phénomènes les plus frappants. Elle résulte d’un changement de régime de légitimité au sein des établissements, où la valeur artistique s’est déplacée du faire vers le penser, du médium vers le discours, du technique vers le conceptuel.
Les écoles d’art ont été profondément transformées après 1968. Les ateliers de peinture, historiquement centraux, deviennent des ateliers transversaux, des espaces de liberté et de recherche où l'apprentissage devient secondaire. La peinture cesse d’être un pilier structurant pour devenir une option parmi d’autres. L’idée qu'elle appartient au passé académique et pompier s'installe partout, quasi systématiquement.
Alors même que la pratique amateur explose dans la société, la peinture reste perçue comme trop patrimoniale ou trop liée à une culture bourgeoise. Paradoxalement, pendant que les écoles marginalisent la discipline, cette dernière connaît cependant une demande sociale très forte.

Dès lors, dans une logique démocratique, de critique institutionnelle et de réhabilitation pédagogique, le métier de peintre ne pouvait que retrouver du crédit. Comme souvent en retard et conservatrices, les institutions finiront forcément, à un moment ou à un autre, par suivre ne serait-ce que par démagogie électorale et politique.
La peinture n’est pas un genre, mais un moyen d'expression fondamental, composé de gestes et de règles. L’exposition ci-dessous propose d’en faire l’éloge non pas en la sacralisant, mais en montrant sa capacité à absorber, traverser et transformer les mutations culturelles contemporaines.
La peinture a longtemps été prise en otage entre deux tendances opposées, celle de sa fin prônée par les discours des années 1970–2000, et celle de son appréhension populaire axée sur l'esthétique et la figuration.
Ce moyen n’a jamais cessé d’être un écosystème vivant, traversé par des actes techniques ou instinctifs, des traditions locales ou plus globales. Un tel éloge pourrait bien entendu s'apparenter à une forme de nostalgie, néanmoins cela n'exclurait nullement pluralisme, critique et ouverture.
Dans un contexte dominé par l’immatériel, réhabiliter le concret, montrer la diversité, sans oublier l'apport de la technologie numérique, c'est proposer aussi un modèle pédagogique renouvelé. La peinture reste d’abord une action qui laisse une trace, qui raconte des histoires mythologiques, personnelles ou encore réalistes ; la figuration n’est pas un retour, mais une constante réinventée.

L’exposition souligne par ailleurs les graves carences des institutions françaises, c'est-à-dire leur manque de pluralisme avec domination du conceptuel, une marginalisation de la technique et leur méconnaissance ou l'ignorance des pratiques amateures. Elle défend un modèle alternatif qui reconnaît la peinture comme un champ pluraliste, traversé par des savoirs et des communautés multiples.
L'éloge de l'image n’a pas une attitude passéiste, c'est une proposition engagée afin de redonner à la peinture la place démocratique, technique, sensible et esthétique qu'elle mérite.
Ce panégyrique la réaffirme comme champ central, comme un domaine qui n’a jamais cessé d’être créatif et en transformation permanente.
L’objectif n’est pas de célébrer la peinture comme un monument, mais de la réinscrire dans le présent, dans ses usages, ses hybridations, ses tensions, ses circulations sociales comme officielles.
Depuis plusieurs décennies la peinture occupe une position singulière dans le paysage artistique français : valorisée par le marché pour la peinture historique, moderne, impressionniste, mais toujours dévalorisée par les discours autorisés et convenus concernant celle des contemporains.

La peinture exacerbe les oppositions entre les modèles de légitimité : technique contre conceptuel, savant contre amateur, institutionnel contre vernaculaire, local contre global. Mais à terme, une discipline massivement pratiquée qui reste toujours marginalisée dans les écoles et centres d’art, ne peut que condamner ces derniers soit à se réformer radicalement, soit à disparaître.
L’éloge adopte une posture critique car il interroge les mécanismes institutionnels actuels.
Comment repenser la place de la peinture dans les écoles d’art ? Comment valoriser les pratiques amateures ? Comment articuler collections publiques, ateliers et initiatives indépendantes ? Comment construire une institution transparente, pluraliste et réellement démocratique ?























Des écoles pour ne rien n'y apprendre ? Repenser la place des apprentissages dans les écoles d’art

Les écoles d’art françaises accueillent majoritairement des étudiants issus de classes moyennes et supérieures, elles sont aujourd'hui composées à 60 % de jeunes filles.

L’intégration après 1968 des écoles d’art dans le système de l’enseignement supérieur a transformé leur statut et leurs pratiques, cette intégration a soulevé la question du formalisme et de la légitimité académique de ces écoles.
Les écoles d’art sont traversées depuis par plusieurs contradictions qui sont au cœur de la sociologie de l’enseignement artistique en France :
Autonomie contre cadre scolaire : l’étudiant, considéré comme un artiste, doit être libre et autonome tout en demeurant scolarisé ?
Création contre évaluation : comment évaluer une pratique artistique à l'heure du tout contemporain ?
Liberté contre professionnalisation : les écoles valorisent la singularité artistique, l'originalité, mais les débouchés sont des plus précaires et quasi inexistants.
Personnalité contre pédagogie : l’idéologie mythique du don rend difficile toute formalisation pédagogique.

Le débat renvoie à une tension ancienne, déjà relevée dans l’histoire de l’enseignement du dessin dès la fin du XIXème siècle, entre instruction et éducation, entre technique et expression. Le dessin a longtemps été vu soit comme un outil technique (géométrie, architecture, industrie), soit comme un vecteur d’expression humaniste. Cette tension structure encore aujourd’hui les politiques artistiques, souvent traversées de contradictions entre démocratisation, culture légitime, pratiques réelles et temporalités.
Dans un contexte où les écoles françaises ont marginalisé la technique au profit du discours, l’obligation du savoir dessiner corrigerait au moins ce biais officiel. Cependant il convient de respecter la diversité des trajectoires futures et ne pas imposer autoritairement l’apprentissage académique mais plutôt de faire comprendre son utilité, en créant même des parcours exigeants pour ceux qui le souhaitent.
Dans le cadre d'une école qui, par définition a comme principe de transmettre des savoirs, maintenir une hiérarchie implicite où la maîtrise technique est vue comme non contemporaine n'a aucun sens. Actuellement et comme le veut généralement la rumeur publique, les études aux Beaux-Arts ne mènent à rien, ce qui, hélas, correspond à un constat des plus factuel.
Par l'apprentissage des règles académiques tous les étudiants auraient l'avantage de posséder un bagage technique, évitant les inégalités d’origine sociale ou de formation antérieure. Savoir dessiner d’après modèle, comprendre la lumière, l’anatomie, la perspective, reste un outil puissant pour toutes les pratiques, y compris conceptuelles. La question n’est pas tant d'imposer que de garantir l’accès de maîtrises transmissibles avec un tronc commun solide d'outils, à savoir : l'anatomie, le volume et la lumière, la perspective, l'observation.

Redéfinition des critères de légitimité et des études en huit objectifs, pour tous, en début de cursus. Ateliers articulant techniques, codes historiques, et interprétations plus libre en fin de cycle.

1 - Sortir de la prépondérance du concept en assumant un tronc commun obligatoire dans les premières années, non pas comme spécialité rétrograde, mais comme langage fondamental au même titre que l’écriture et la grammaire.
2 - Etudier et pratiquer l'histoire des techniques (supports, liants, formats, gestes), l'histoire des régimes d’images (icônes, tableaux, affiches, vidéos), l'articulation avec la technologie numérique (peinture + impression, peinture + IA, peinture + logiciel, etc.).
3 - Maîtriser des moyens (matières, couleurs, compositions, formats) et capacité à situer sa pratique dans des enjeux (politiques, écologiques, médiatiques, intimes). L’idée n’est pas de revenir à la seule technique, mais de refuser l'actuelle domination du discours.
4 - Rotation transversale entre plusieurs ateliers de peinture et dessin (figuration académique, décoration, perspective, publicité).
5 - Encourager la pluralité des regards. La peinture loisir, carnets de voyage, aquarelle, peinture décorative, etc., reconnaissance des ateliers indépendants.
6 - Construire une institution transparente, pluraliste et réellement démocratique.
7 - Rendre publics les critères de sélection des étudiants, des enseignants, des artistes invités, la composition des jurys, des commissions et des budgets. Mettre en ligne des rapports annuels lisibles.
8 - Conseils de gouvernance mixtes : enseignants, étudiants élus, représentants des écoles de pratiques amateures et des collections publiques. Rotation et limitation des mandats avec obligation de rendre compte.



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POUGUES LES EAUX, France
1996 - L’ART CONTEMPORAIN ET SES INSTITUTIONS - A chaque époque son art officiel. Parfois l'artiste l'ignore, parfois celui-ci y adhère plus ou moins et, plus rarement, s'y oppose ouvertement. Jusqu'alors, avec les différents médias, écrits, radio et télé-diffusés, le destinataire était essentiellement passif, se contentant de choisir et de recevoir sa source d'information, sans autre participation possible. Aujourd'hui, par l'intermédiaire de l'Internet, ce même destinataire a désormais l'opportunité de devenir un acteur actif...